Murard (Lion), Zylberman (Patrick), (dir.)
Le soldat du travail – Revue Recherches n°32/33
Guerre, fascisme et taylorisme
Disponible aussi en édition numérique

ISBN 978-2-86222-046-8, 15,5 x 21,5, 560 p.   28 €
1978

 

Ce recueil d’articles d’historiens français et étrangers de l’entre-deux guerres est centré sur la figure du « travailleur » d’Ernst Jünger, figure mythique où s’abolissent les frontières guerre/paix, travail/hors travail, santé/maladie. C’est dire qu’il ne s’agit pas d’un numéro sur le travail, mais sur l’homme nouveau, l’ouvrier en masse dans l’État fort – et ce à partir de cet événement inaugural qu’est la Grande Guerre.
Ses thèmes majeurs en seront la « déprolétarisation » de l’ouvrier, les techniques de domestication du travail (psychologie industrielle, psychotechnique), l’esthétique de la production, la taylorisation des loisirs, l’engineering social et la technocratie. Ce numéro se divise en trois parties : La Grande Guerre et le travailleur d’abord, qui s’ouvre sur un texte de Jünger de 1930, « La mobilisation totale », présenté par J.-P. Faye ; Gerd Hardach publie ensuite un article sur « État et politique de la main-d’œuvre 1914-18 », Martin Fine un texte sur « Guerre et réformisme », axé sur Albert Thomas et Léon Jouhaux, et Aimée Moutet un article sur les délégués ouvriers. Un second ensemble de textes porte sur le taylorisme proprement dit, non sans un flash-back sur le XlXe siècle avec des articles de Michelle Perrot sur « Les ouvriers contre la machine dans la première moitié du XlXe siècle » et d’Yves Lequin sur « Le nomadisme ouvrier ». Patrick Fridenson nous donne un article sur le cas français. Jean Querzola s’intéresse à « Taylor » lui-même, et Charles S. Maier, dans un grand texte intitulé : « Entre le taylorisme et la technocratie : les idéologies européennes et la vision de la productivité dans les années 1920 », étudie la pénétration en Europe du modèle de l’engineering social. Un dernier ensemble de textes rassemble des contributions d’Anson G. Rabinbach sur «Le Bureau de la Beauté du Travail nazi », de Tim Mason sur « La classe ouvrière allemande sous le nazisme », de Victoria de Grazia sur « le dopolavoro » mussolinien, de Maurizio Vaudagna sur le monde ouvrier dans l’Italie fasciste, d’Ellis Hawley sur le « technocorporatisme » et de Rittersporn sur le stakhanovisme. Un texte « délirant » de Drieu la Rochelle, sur l’hitlérien comme homme nouveau, fruit du mariage monstrueux du militant bolchévique et du gangster américain, clôt ce numéro.


Contributions de Faye (J.-P.), Hardach (Gerd), Fine (Martin), Moutet (Aimée), Perrot (Michelle), Lequin (Yves), Fridenson (Patrick), Querzola (Jean), Maier (Charles S.), Rabinbach (Anson G.), Mason (Tim), De Grazia (Victoria), Vaudagna (Maurizio), Hawley (Ellis), Rittersporn, Drieu la Rochelle


Thèmes : Sciences Humaines